mardi, avril 08, 2008

marginalia (IV)

Sans humanité, l’intelligence devient de la roublardise

Le sentimentalisme est une façon de violence affective

L’homme moderne confond érotisme et génitalité

L’homme moderne a compris a tort que l’art n’est pas uniquement inutile, comme Wilde le disait, mais aussi pas nécessaire, ne sentant pas besoin de justification de son existence dans un plan plus élevé

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mercredi, mars 12, 2008

j'aime

Manger les croûtons quand je prépare la soupe; lire le journal d’arrière en avant; observer mon amour avant son réveil; quand la Callas prétend d’être accablée par les applaudissements; lire ‘fin’ à la fin d’un film; souffler les marrons qui brûlent les doigts en hiver; James Stewart; noter mes rêves dans un petit cahiers; qu’on me téléphone sans raison précise; lire sur la mythologie grecque au toilette; les gens qui sont embarrassés de klaxonner; les chats; la modestie non calculée; l’insolence lors qu’elle lumineuse; l’élégance de mœurs ; Shakespeare ; les boulettes de ma mère ; le sourire de sœurs de clôture de mon village ; le jus d’orange et carotte ; les femmes fatales (les megachiennes) ; les vendredis après-midi ; cacheter les enveloppes a la cire écarlate; les fou rires ; le silence voulu ; rentrer du cinema en vélo; le fleur de sel; les excès de la passion; le velours.

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mardi, mars 11, 2008

je n'aime pas

Les paysages sans arbres ; les expressions ‘tant pis’ et ‘tant mieux’ ; les fleurs sans parfum ; les parfums de marque ; les hommes qui instruisent leurs femmes à sottovoce au cinéma ; les femmes qui se laissent instruire à sottovoce au cinéma ; le bellicisme injustifié ; le pacifisme injustifié ; sortir la poubelle quand la commune le décide ; le défaitisme ; le triomphalisme; parler d’argent; l’indifférence; Andy Warhol; les films qui finissent avec un applaudissement; les critiques qui finissent avec une point d’exclamation; dormir seul une nuit d’orage ; les prises de sang ; ce tic avec le cou de la chemise qui provoque la conscience du pouvoir ; travailler quand je mange ; manger quand je travail ; la condescendance morale de la gauche ; l'inconscience sociale de la droite ; la culture engagée ; la paresse; les discours roses contre la violence ; la violence ; les appels a la tolérance ; la manque de charité ; me dépêcher en dimanche ; l’intelligence sans imagination ; la rage contre les religions ; la religion de la rage ; le thon trop cuit ; la vulgarité.

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mercredi, février 27, 2008

marginalia (III)

J’admets que l’âme est une partie localisée du cerveau si on me concède aussi que La Venus d’Urbino est un kilo d’alezan pâle, deux du blanc plomb, cinq cent grammes de terre de Sienne et trois litres d’huile.

Sans imagination, l’amour devient une tâche.

Si on pouvait disposer de Dieu par la force, l’athéisme serait beaucoup moins à la mode.

Un politicien est un homme qui proclame sur tous les toits ce qu’il ferait s’il était honnête.

La science s’applique à détruire des mythes avec la secrète aspiration d’en devenir un.

Sans élégance, la force se détruit elle-même.

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mardi, février 26, 2008

aimer ce qu'on fait, faire ce qu'on aime


Dans “Ein Hungerkünstler” Kafka raconte l’histoire d’un type qui gagne sa vie avec le spectacle de l’inanition. A la fin du récit il avoue, dans un festin de mélancolie, que son art n’est pas du tout méritoire, parce qu’il n’aime pas manger.

« (…) ‘je n’ai pas pu trouver d’aliment qui me plaise. Si j’en avais trouvé un, crois-moi, je n’aurais pas fait tant de façons et je m’en serais repu comme toi et les autres.’Ce furent ses derniers mots. »

De la même façon pourrait-on penser que pour l’homme moderne, être triste n’a pas de mérite. L’homme romantique devait faire appel à toute la force de son imagination pour être triste, alors que l’homme moderne ne trouve plus de raisons pour ne pas l’être.

Les politiciens n’aiment pas la politique, mais le pouvoir. Les cinéastes n’aiment plus les films, mais les images. Les écrivains veulent occuper les stands, et plus les cœurs. Les militaires renient la force par éducation et les professeurs renient l’éducation par la force.

C’est pourquoi tout le monde est si gêné, si offensé. Difficile condition que celle du gardien de sa propre prison.

Ça serait moins grave si les déserteurs de la joie ne consacraient pas leur temps libre à poursuivre ceux qui jouissent encore. Ces derniers représentent pour eux l'ennemi ultime et inconfessable.

Devant eux, et trafiquant sans scrupules avec leurs condition de martyrs de leur vie privée, ils s’acharnent a propager la plainte la plus inféconde de l’homme postmoderne, le mantra du nihilisme petit bourgeois: « je n’ai pas de temps ».

Du temps pour quoi faire ?

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jeudi, février 14, 2008

instructions pour voler (même le jour de Saint City 2)

Je pensais que ma brosse à dents était bête jusqu'à ce que je lise ce blog par la première fois. Etant donné que hier est mort, et demain n'est pas encore arrivé il semblerait donc que nous n'avons pas beaucoup de temps.

J'essayerai d'être bref alors.

Normalement les blogs sont pleins des mensonges, mais les mensonges banals qu’on peut trouver dans la vie de tous les jours telles que 'je t'aime'; 'ne vous inquiétez pas, ceci ne vous fera pas mal’ ; ‘tiens, j'allais juste te téléphoner ; ‘je ne comprends pas, normalement ça me prend des heures’; 'la raison pour laquelle je vous ai appelé à mon bureau c’est que nous avons une tâche qui vas être un vrai challenge pour vous’ ; ou ‘je suis fonctionaire, et je suis ici pour vous aider’.

Aucune trace des mensonges sophistiqués, même pas convaincants.

Je suis un mauvais menteur, et j’ai essayé donc de lire les articles les plus importants de l'histoire de l'humanité pour essayer d'avoir une certaine inspiration pour écrire celui-ci. Si vous voulez être créatif, veillez à cacher vos sources, comme Einstein le disait.

Mais étant un fétichiste incurable, je pouvais juste me concentrer sur les pieds de pages, et j'ai du finalement essayer d’ébaucher ce truc tout seul.

Alors pas de mensonges, pas de structure… pas d’article !.

Et si j'essayais d'être sincère? C'est toujours un risque, surtout s’il y a des inspecteurs d'impôts lisant des blogs là dehors.

Mais je dois l'assumer. Rien de ce que je suis sur le point de développer n'est faux, fabriqué ou exagéré.

Chers lecteurs virtuels, je peux voler.

Mais ceci est un facteur d'importance mineure.

Ce qui m'a emmené à écrire cette petite colonne, c’est ma conviction que nous pouvons tous faire la même chose.

Nous pouvons tous voler indépendamment de notre sexe, de notre race et même de notre poids. Vous avez juste besoin d’une bonne raison et d’un coeur qualifié.

Soyez dévoués, soyez passionnés, soyez insensés, soyez ouverts au ravissement.

Dans le ravissement, la conscience d'être dans le corps disparaît.

L'activité des sens cesse; la mémoire et l'imagination sont absorbées et intoxiquées par la merveille. Le corps et l'esprit sont au beau milieu de une douleur douce et heureuse, alternant entre lueur ardente craintive, impuissance et inconscience complète ; et un charme de l'étranglement.

C'est seulement alors que le corps est littéralement soulevé dans l'espace.

Voici le secret. Voici le tour.

Quand une conscience s’abandonne à une autre sans s’y perdre, on vole.

Les fardeaux du coeur disparaissent, le souffle devient plus profond, l'air plus doux, si tant est qu’on en a besoin; et un papillon cosmique colossal occupe chaque vide, chaque cavité corporelle, chaque désir ardent insatisfait et vous soulève du plancher.

Est-ce que c'est facile ?

Oui et non.

On a besoin d'une raison pour voler. Nous nous confrontons au travail pour lequel tout autre travail n’est que la préparation.

Moi j’ai en trouvé deux : ce sont deux yeux bleus qui me regardent avec tendresse. La partie de la tendresse est plutôt impérative, mais soulagez-vous : les yeux peuvent très bien être d’une autre couleur, à condition qu’ils ne soient pas rouges, là vous courrez le risque de surestimer votre animal de compagnie.

J’en suis donc convaincu. Le miracle du vol existe. J'ai en été témoin. J'ai vu le grand papillon affaiblir les forts, et encourager le faibles ; transformer les imbéciles en hommes sages et les sages en imbéciles ; favoriser les passions, détruire la raison, et dans un mot, tourner tout en désarroi.

Mais il y a une autre chose. N’ayez pas peur de voler. Craindre le vol est craindre la vie.

Si vous sentez la nausée et des picotements partout, aucun doute, vous êtes amoureux ou vous avez la variole.

Volez donc, aimez, et le reste... bon, the rest is silence.

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mercredi, février 13, 2008

marginalia (II)

Sa seule vertu est l’antipathie ; s’il n’était pas si antipathique, il serait vraiment insupportable.

C’est bien d’être prudent. Se précipiter, c’est encore mieux.

En supportant des petites infamies quotidiennes, on consolide un mariage.

Le vrai amour voit tout, puisqu’il comprend tout. C’est la haine qui est aveugle.

La peinture futuriste ? Trop bruyante !

La chirurgie esthétique est devenue le photoshop de l’estime de soi.

Elle est de cette sorte de femmes qui a connu tous les péchés sans en jouir d’aucun.

Être écrivain, c’est raconter des mensonges pour illuminer des vérités.

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